Mot de la Présidente

Aminata KARAMOKO - Présidente de l'ONG

Les femmes représentent 48,4% de la population ivoirienne et 37,1% de la population active selon le recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2014). Elles constituent un acteur incontournable du développement du pays et jouent un rôle économique et social important, tant au niveau des familles que la nation toute entière.
Dès l’indépendance, des politiques ont été menées dans le but de valoriser ce rôle. La Côte d’Ivoire a ratifié des conventions au niveau régional et international dont celle des Nations Unies relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF), les conventions 100 et 103 de l’OIT relative à l’égalité dans l’emploi et le Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique. Plus récemment, et en congruence avec ses engagements internationaux, l’Etat ivoirien, à travers le préambule et les dispositions des articles 36 et 37 de la Constitution de la troisième République, a réaffirmé avec prégnance, sa volonté de prohiber toute forme de discrimination notamment celle fondée sur le sexe,

Cependant, malgré les efforts consentis, force est de constater que la femme demeure encore de nos jours un potentiel à valoriser et à développer. Elle est en butte à un paradoxe de plus en plus visible qui la partage entre, d’une pa rt, ce que la société attend d’elle en terme de contribution au processus de développement national et, d’autre part, les bénéfices qu’elle obtient de ce développement ainsi que sa participation aux décisions et à la définition des grandes orientations. Elle est confrontée à d’importantes disparités au niveau de l’éducation, de l’emploi, de l’accès au moyen de production et dans le domaine de la santé, auxquelles d’ajoutent des interrogations relatives à son statut et à la perception de son rôle dans le monde moderne, évolutif. De plus, apparaissent des enjeux nouveaux tels les menaces du VIH-SIDA, l’accentuation de la paupérisation des personnes vulnérables, les défis du fondamentalisme religieux et la fragilisation des unités sociales de base, en rapport avec le genre ou le processus de mondialisation.

Or, plusieurs études menées dans le monde, dont celles de l’OCDE (Rapport sur l’initiative de l’OCDE pour la parité, mai 2011 ), la Banque Mondiale (rapport sur le développement dans le monde 2012) et la Fao entre autres, ont démontré que la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes équivaut à la croissance économique. En outre, une augmentation du taux d’emploi des femmes aurait un impact positif direct sur le PIB de nombreux pays. Par ailleurs, en accroissant l’accès des femmes aux ressources productives, la production agricole augmenterait de 2,5 à 4%. Par ailleurs, l’accroissement du taux d’alphabétisation de la jeune fille est inductif de l’augmentation du bien être d’une façon globale, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, en raison des retombées sociales importantes. Enfin, renforcer les capacités de décision et d’action individuelle et collective des femmes a pour effet d’améliorer les résultats des Institutions et les choix publics

Eu égard à ce qui précède et dans la perspective de permettre la pleine et effective participation des femmes de Côte d’Ivoire au développement économique, social, environnemental et culturel de notre pays, L’ONG GROUPE MA FAMILLE entend œuvrer à l’édifice par sa contribution à l’axe stratégique II du Plan National de Développement 2016-2020 consacré à l’accélération du développement du capital humain et à la promotion du bien-être social, dont la femme constitue l’acteur central.